L'orotype, un procédé alternatif dérivé du procédé historique « orotone » est expérimenté par Roger Kockaerts depuis 1968.Roger Kockaerts, orotype, 1968
Aujourd'hui ce procédé se profile parfaitement dans le mouvement de la photographie alternative, mis en route par la révolution digitale . Dans sa quête d'une haute qualité d'image, couplée à la stabilité d'image inégalée de la plupart des procédés historiques, la photographie alternative a un immense impact sur le monde de la photographie d'art.Dans cette optique Roger Kockaerts a déterré ces expérimentations des années 1960 et applique le procédé orotype des séries d'images dans lesquels le ton doré crée une ambiance surréaliste.
L'orotone
Au début du 20ième siècle, une photographie orotone consistait d'une image argentique positive sur verre comportant une couche de médium doré et isolée dans un cadre en bois. Sous un éclairage spécifique, l'orotone brille comme un objet en or massif.
Edward Curtis, orotone, autour de 1905 Le procédé orotone (goldtone, Curt-tone, dorotone), n'a pas été documenté de façon extensive dans le passé.
Il est connu que plusieurs photographes Américains (Edward Curtis, Norman Edson, Arthur Pillsbury) utilisaient l'orotone entre 1900 et 1920.Edward S. Curtis [1] (1868-1952) utilisait principalement l'orotone pour une série de portraits d'indiens Nord-Américains. Curtis [2] décrivait ses orotones plutôt sous un angle esthétique que technique.
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Edward Curtis, orotones, North American indians, autour de 1910 La bibliographie générale mentionne que le ton doré était obtenu en plaçant des feuilles d'or derrière la plaque gélatino-argentique en verre, ou par une couche de peinture dorée ou avec un médium de poussière d'or et d'huile de banane. Une brochure publicitaire de 1903 [3] décrit que la couche ajoutée consistait d'une combinaison d'huile de banane et de poudres de bronze.
Le catalogue de 1903 était crée par Curtis dans un effort de promotion des « CurTones ». Le catalogue illustrait 32 images différentes qui étaient vendues avec un bel encadrement spécialement conçu pour les orotones, qui pouvaient être obtenues dans les dimensions et prix suivants :
dimension 8x10 inch, encadré $10
dimension 11x14, encadré $15
dimension 14x17, encadré $30
dimension 18x22, encadré $50Dans une étude récente (2005) au département d'Art de la University of Delaware [4], Richard Stenman recherchait une série de photographies orotones d'auteurs différents du début du 20ième siècle. L'analyse technique était fait en utilisant ultraviolet fluorescence, x-ray fluorescence (XRF), Fourier-transform infrared spectroscopy (FTIR), et scanning electron microscopy coupled with energy dispersive x-ray spectroscopy (SEM-EDS).
Selon les mesures effectuées, la couche d'émulsion est constitué de gélatine et ou collodion. Dans chacune des couches dorées examinées on a utilisé des poudres de bronze contenant du cuivre et du zinc. Le liant semble être constitué de nitrate de cellulose. Ces constatations corroborent la description de la brochure du Studio Curtis.
L'orotype
L'orotype plus récent utilise un film polyester chimiquement inerte comportant une émulsion gélatino-argentique, au lieu de la plaque de verre photographique traditionnelle. L'image positive est traitée selon les techniques d'archivage standardisées.
Le ton doré est réalisé à l'aide d'un médium de dorure contenant de la poudre de bronze. L'orotype peut être exécuté en formats divers depuis le 4x5 inch jusqu'à la dimension 105x120cm
Les petites dimensions sont généralement montées et scellées sur du papier 100% coton de 320g. Les dimensions plus grandes sont montées sur un support secondaire rigide derrière une feuille de plexiglas.------------------------------------------------------------------------
[1] www.soulcatcherstudio.com/.../curtis_cron.html
Edward S. Curtis and The North American Indian
A detailed chronological biography
[2] http://www.edwardcurtis.com/
Curtis wrote: "The ordinary photographic print, however good, lacks depth and translucency. We all know how beautiful are the stones and pebbles in the limpid brook of the forest, yet when we take the same iridescent pebbles from the water and dry them they are dull and lifeless; so it is with the orthodox photographic print, but in the Goldtones all the translucency is retained and they are as full of life and sparkle as an opal."
[3] Advertising brochure for the Curtis Studio, 1903.
Edward S. Curtis perfected the medium regarded as Goldtone or Orotone to the extent he eventually named these images after himself calling them "Curt-Tones". Most photographic prints are a positive image on paper. The Curt-Tone process Curtis used was created by taking a clear plate of optical glass and spread a liquid emulsion onto the surface of the plate. Curtis then projected his negative onto the glass to create a positive image. The highlights and shadows could not be seen unless there was some type of backing on the image. He mixed a combination of banana oils and bronzing powders to create a sepia or a goldtone effect, and then spread this mixture onto the dried emulsion.
[4] Icom cc.icom.museum/ Documents/ Working Group/ Photographic/ Newsletter - 01-2006.pdf
[5] http://www.permadocument.be/texte/YRK/on-line%20Pt-Pd.html
[6] R. Kockaerts ­ The Computer in Visual Art, ICSAC, Brussels, 1981RETOUR