Roger KOCKAERTS


rue des Balkans 7
B-1180 Bruxelles
tel: 32- (0)2-347 66 76
fax: 32-(0)2-344 43 04
e-mail: rogerkockaerts@hotmail.com

Gümüslük, TR - 1997

Né en 1931 à Wilsele, Belgique;


1956 - études autodidactes en photographie;

1973 - études autodidactes en infographie: premières structures géométriques;

1980 - études autodidactes en photoconservation;

1985 - premières publications sur la photoconservation;

1989 - création de Permadocument - pH7;

1992 - premières platinotypies;

1994 - professeur en conservation & restauration photographique à l'Académie des Beaux Arts d'Anvers;

1998 - création de l'espace photographique "Atelier pH7"

1999 - création du site web "pH7"

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"Detournement" série, 650 Euros pièce

 

« Détournement analogique »: un projet de narration conceptuelle

Une collection de plaques photographiques historiques d'auteurs anonymes, rejetées par leur créateurs et/ou propriétaires originaux à cause de leur état de dégradation, est recyclé en l'imprimant sur un papier de luxe à l'aide du procédé analogique au platine-palladium.

Le concept artistique vise à détourner les objets en question de leur sens original en jouant sur le caractère surréaliste apporté par les dégradations observées et de leur donner une existence nouvelle sous la forme d'objet d'art.

Les plaques en verre de dimensions différentes, parfois fendues ou brisées, sont fortement endommagés par des phénomènes de déterioration tels des excès d'humidité et de chaleur ou des déteriorations mécaniques ou chimiques diverses dont la nature reste inconnue.

Nous avons exclus toute intervention digitale en privilégiant un tirage manuel par contact qui, d'une part, met en valeur l'étendue de densité des négatifs originaux et, d'autre part, est susceptible de tirer avantage des subtilités graphiques causées par les déteriorations.

Les sujets enregistrés sur les plaques en verre sont majoritairment des personnes ou des groupes de personnes anonymes sans rapport directs entr'eux. A l'origine il n'y a donc pas une relation imposant une lecture dirigée ce qui a permis une grande distanciation vis à vis des sujets respectifs et la façon de les représenter dans le tirage final.

Le processus d'impression utilisé: le procédé au platine-palladium, étant connu comme un des procédés parmi les plus prestigieux de l'histoire de la photographie grâce à sa grande richesse tonale et sa stabilité exemplaire est diametralement opposé à l'état avancé de destruction des plaques ce qui permet l'obtention d'une relation qui diffère complètement du contexte original des éléments en présence et qui dérive de ce fait tout son sens du nouveau contexte.

Malgré que leur état, ne permet pas une véritable intervention de restauration, les plaques en verre en question restent cependant d'importants objets d'étude sur le plan de la conservation-restauration photographique.

On peut affirmer que, dans son concept artistique, le détournement analogiqe que nous effectuons n'est, en analyse finale, pas tellement éloigné d'une restauration sublimée de l'imagerie des plaques rejetées tout en offrant une narrativité exclusive du sujet dépicté.

Roger Kockaerts, décembre 2005.

Images rejetées - Johan Swinnen, décembre 2005

Roger Kockaerts qui, dans un autre vie, osait parfois s'apeller Coqart nous surprenait à nouveau cette semaine. Il est le spécialiste belge du monde merveilleux de la conservation et restauration de tout ce qui à trait à la photographie. Donne-lui en main un Misonne, Alexandre, Magritte ou Braekman et il identifie le tirage et t'explique comment il le restaurait et tu dois le conserver. Cette fois il nous montrait, lors d'un séminaire à l'université de Bruxelles, des portraits anonymes fascinants imprimés sur du platine-palladium.Il s'agit de tirages de plaques en verre trouvées dont - lors d'un matin ensoleillé de l'année passée - il apercevait le reflet parmi d'autres débris de verre dans une caissette en bois, perchée sur un petit tas d'imondices à Bruxelles. En premier lieu il était attiré par leur état de dégradation et la possibilité de pouvoir l'étudier tranquillement; plus tard, il eut l'idée de les recycler. Frappé par leur valeur estétique il prenait l'initiative de les imprimer à l'aide du procédé platinotype afin de mettre l'accent sur le lien paradoxal entre condamnation et sublimation.

Par ce coup de foudre photographique Kockaerts prouve une fois de plus que, comme frottage, la description du médium photographie s'exprime dans la théorie que la photographie - de par son réalisme - est le médium le plus intrinsèquement surréaliste de tous les arts. La photographie est unique comme médium parcequ'elle est parvenue à flirter avec le monde affectif lié à la réalité. Ces objets trouvés deviennent une matière première pour le maître-tireur Kockaerts. Son action est un espèce de blanchiment de photos qui ne sont plus acceptés par le créateur ou propriétaire original. C'est un agissement diabolique que, depuis le purgatoire de la chambre noire, il parvient, sur un papier de luxe, dans les tonalités de velours de ce merveilleux procédé, à introduire dans le règne du 7ième ciel des arts des photos écartées. Le procédé platinotype est tout compte fait un des procédés parmi les plus appréciés de l'histoire de la photographie quand on se rapelle que des photographes intéressants comme Irving Penn et Robert Mapplethorpe l'utilisaient pour imprimer leurs images les plus significatives.

"Haantjeskunst" - werf 1swf (traduction libre)

http://www.photoq.nl

Images composites

Un parcours de bientôt 50 ans dans le domaine de la photographie créative m'a permis d'aborder différentes voies conceptuelles, débouchant à leur tour sur de multiples formes de narration photographique.

Dès la moitié des années 1950 mon écolage technique au sein d'un des plus importants photoclubs belges, le photo-ciné club de Boitsfort, dont les travaux et les enseignements étaient étroitement liés aux préceptes de la photographie subjective chère à Otto Steinert, m'ont révélé une lecture du récit et de la vibration, hautement personnelle, de l'image photographique.

Très vite, la pratique du paysage photographique a isolé dans mes travaux des structures minérales et végétales engendrées par de phénomènes naturels et/ou par des interventions humaines. Dans les images résultantes, l'accent se mettait sur la valeur esthétique de l'arrangement apparamment aléatoire des éléments de l'image (Camera, n°1, 1969, Focale n°435, 1982).

Yosemite, 1980

 

Plus tard, l'ordinateur digital était utilisé afin de générer des structures croissant selon des schémas aléatoires (Leonardo, vol.11, n°2, 1978).

Dans le passé, je fis, à de multiples reprises, appel à l'image composite. Au début des années 1970, je réalisais une série de panneaux composites formés de plusieurs photographies, réunies dans une thématique précise (catalogue d'exposition de la Triennale de Fribourg, 1975).
Parmi mes travaux réalisés à l'aide de l'ordinateur, une partie prépondérante fut inspirée et réalisée par le concept de la mosaïque, image composite par excellence. Dans ces travaux se créa une interaction entre l'arrangement pseudo aléatoire d'éléments géométriques simples et leur effet visuel (catalogues "l'Art et l'ordinateur", CISI, Paris, 1985 et Bonnefantenmuseum, Maastricht, 1986).

"ø: or the Use and Importance of the Golden Ratio", 1981

Dans la série des dyptiques, réalisés au début des années 1980, une image photographique est alliée, ou opposée, à des combinaisons computerisées de chiffres et de lettres, formant des oeuvres poético-conceptuelles à base d'analyse sémantique (articles Jocou et J. Meuris). Ces images exigent une grande complicité et un effort intellectuel non négligeables de la part du spectateur (Michèle Minne: mémoire de fin d'études, ULB, 1988).

Plusieurs auteurs (F. Molnar, H. Cohen dans "Aspects: le computer dans l'art visuel" ICSAC, 1981) ont liés la contemplation d'oeuvres d'art, créees à l'ordinateur, aux études de la science de l'esthétique et de la perception visuelle.

Ainsi, il est bien connu, que l'oeil humain fait, en moyenne, trois à quatre fixations par seconde lors de la contemplation d'une image. En ce qui concerne le choix du chemin d'exploration, il semble, selon Molnar, que les différences individuelles soient trop importantes pour pouvoir dresser une matrice des probabilités de transition qui soit valable pour plusieurs sujets. Des recherches retrouvent néanmoins approximativement le même chemin d'exploration chez un même sujet pour un même stimulus; même avec un intervalle temporel important. Différents sujets choisissent par contre différents chemins pour une même image. On pense avoir démontré que la forme d'exploration dépend de la consigne que l'on donne aux sujets.

Dans mes structures générées à l'ordinateur, l'intérêt du spectateur est plus ou moins soutenu en fonction de sa persistence à y découvrir des formes et des signes évoquant des points de rattachement solides.

Les mêmes types de rapports entre le spectateur et l'image existent dans différentes disciplines artistiques.

Dans mes images composites photographiques les plus récentes, réalisées depuis 1992, les chemins d'exploration visuelle sont canalisés par les motifs inscrits dans chaque délimitation formelle. Le choix des motifs, ainsi que leur place dans la composition générale, sont strictement déterminés à la prise de vue.

Les images composites en question comprennent un nombre de clichés successifs d'un même film, imprimés par contact sur du papier platine/palladium. Je me suis imposé cette contrainte dans un but de rigueur, sans facilité de rattrapage à posteriori. L'interprétation du "tableau" correspond ainsi plus fidèlement aux intentions photographiques in situ. Les images composites résultantes, parfois entièrement interprétatives, parfois plus descriptives, permettent des lectures à plusieurs niveaux. Une lecture globale, en principe effectuée d'une certaine distance, éveille chez la plupart des spectateurs une impulsion de curiosité, les poussant à une lecture plus approfondie.

Selon le sujet traité, par le truchement de l'exploration visuelle, peuvent se créer des illusions optiques, liant différentes sousimages par des liens non existants dans la réalité. Les paysages imaginaires ainsi formés font, à une deuxième lecture, place à des rapports plus existentiels.

L'emploi du procédé platine/palladium confère à ces images une richesse tonale très subtile (Anne Wouters, Art & Culture, déc. 1992) qui, en partie, résulte de l'absence d'une couche gélatineuse "emprisonant" les particules métalliques formant l'image. Dans un tirage platine/palladium, les particules de métal précieux sont incrustés entre les fibres cellulosiques du support papier. L'interpénétration de ces particules crée alors une troisième dimension à l'image photographique qui, par sa parfaite matité, ne reflète aucun rayon lumineux distrayant vers le spectateur et facilite la lecture en profondeur des images.

 

Article Anne Wouters dans Art & Culture 1992

Roger Kockaerts (Wilsele 1931) a, depuis ses débuts dans la photographie en 1956, une prédilection pour la nature et le paysage; mais il s'agit moins pour lui de capter l'ordonnance harmonieuse d'un paysage global, que d'en explorer la matière et les formes composantes. La Turquie et ses paysages érodés, l'attirent donc très normalement. Ses prises de vue d'Anatolie ont gardé quelque chose de l'esprit des années 50 et de la Subjective Fotografie, lorsque certains éléments du réel, de par le cadrage ou toute autre exploitation judicieuse des possibilités du médium, étaient isolés pour parler d'une recherche absolue qui tendait à l'abstrait. C'est encore cet intérêt pour la forme indépendante, celle des végétaux surprenants ou de créations minérales, qui le mène aujourd'hui à continuer un travail de format carré, ne montrant quasi jamais la ligne d'horizon, tant il se veut proche de ce que la terre lui offre comme formes ou comme matières. Roger Kockaerts joue d'autant mieux des textures qu'il réalise ses images sur du papier platine/palladium. Ce procédé, outre qu'il offre une longévité et une stabilité exceptionnelles, permet de rendre, grâce à une échelle tonale très étendue, toutes les nuances de la gamme des gris, caractéristiques, qui magnifie, en ces images mates, la captation subtile des matières et des ombres et renforce la lecture abstraite.
Anne Wouters, Art & Culture, décembre 1992.

Principales expositions

2007: Privé: Maison Biermans - Lapôtre, Paris.

2007: Groupe: expo internationale "Ex Machina", Kunsthalle Bremen (D).

2006: G: Galerie Contretype, Bruxelles

2005: G: Galerie Debuck, Gand, "De lichte kamer".

2005 P: Atelier pH7, Bruxelles: "Cappadoce", platine-palladium

2004: P: Atelier pH7, Bruxelles, "Tattoo & Co", tirages platine-palladium

2003: P: Atelier pH7, Bruxelles, "Souvenirs de Turquie", tirages platine-palladium

2000: P: galerie d'art "La Réserve", Knokke-Heist (B), tirages platine-palladium
Atelier pH7, Bruxelles (B), Images composites & infographismes

1999: P: Atelier pH7, Bruxelles, "40 ans d'expérimentations photographiques".

1998: P: Atelier pH7, Bruxelles, "Anadolu - Türkiye" 1992-1997, tirages au platine.

1997: P - Galerie V.U.B.,"Paysages et images composites d'Anatolie", tirages au platine, Bruxelles. P - Eklisia, Gümüslük, TR - résidence d'artiste et expo personnelle, tirages au platine.
Groupe - Fotofestival Naarden, "Edele procédés", Naarden, NL.

1996: P - Galerie Triglyphe, "Fouilles archéologiques en Anatolie", Bruxelles, tirages au platine.

1995: G - "Platinum" , American Cultural Center, Bruxelles.
P - Fotofestival Naarden, (NL), tirages au platine.

1994: P - Academiegalerie, NHISK-KASKA, Anvers (B), tirages au platine..
G: SIRP 94: Salon International de la Recherche Photographique, Royan, (F), tirages au platine..

1993: P - Academiegalerie, Academie Schone Kunsten, Hasselt(B), tirages au platine..

1992: P - Run Art Gallery, Bruxelles, tirages au platine..

1991: G - "La photographie créative belge dans les années '50", Musée d'art moderne de la ville de Paris, (F)

1990: G - Images inventées, Galerie Contretype, Bruxelles.

1989: G - Verbeelding, Provinciaal Museum, Hasselt.

1987: G - Photographie & Université - Université Libre de Bruxelles.

1986: G - Bonnenfantenmuseum, Maastricht, (NL).
G - Festival d'art contemporain, La Rochelle, (F).

1985: G - 150 ans ULB, Université Libre de Bruxelles.

1984: P - Galerie Private Collection, Bruxelles.

1983: P - Galerie Contretype, Bruxelles

etc... jusqu'en 1956

Travaux dans les collections:

Musée d'art, Fribourg, CH

Victoria & Albert Museum, GB

University of California at Berkeley, USA

International Photography Museum, Riverside, USA

International Photography Museum at Balbao Park, San Diego, USA

Visual Studies Workshop, Rochester, USA.

Musée Royaux des Beaux Arts, Bruxelles, B.

Ministerie van de Vlaamse Gemeenschap, B.

Ministère de la Culture Française, B.

Musée de la photographie, Mont-sur-Marchienne, B.

Advanco, SA, Brussels, B.

Collections privées à travers le monde

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