Le Pré au Bois - D200 - F-49340 Nuaillé
Tél.: 00-33-2 41 62 70 23
Articles - Le mordançage - Images 1939 - Né le 7 janvier à Rennes (F)
1958-63 - Etudes de Radio-électricité et d'électronique
1968 - Découvre la photographie
1969-70 - Recherches personnelles sur le photographisme
1972-81 - Diverses expositions et reportages
1982-88 - Participations à des stages photographiques
1991 - Travaillle sur les techniques anciennes
1992-2000 Création de séries de photographies à thèmes: fables de La Fontaine, la vigne et le vin, l'astrologie, le photogramma, les plantes, la mémoire, ...
Membre de:
A.P.A. (Association pour la Photographie Ancienne et ses techniques),
Hélios (Association pour la pratique des procédés photographiques méconnus)
I.S.F. (Image Sans Frontière)
G.A.P. (Groupe d'Animation Photographique de Cholet)
Expositions principales
2001 - Atelier pH7, Bruxelles
2000 - Doué la Fontaine, Antibes, Paris, Cholet, Montmorillon
1999 - Gommes d'Angers, Cholet, Coudekerque, Nancy, Taïwan
1998 - Boston, Nantes, Association GRAPH
1997 - Parthenay, Bargemon, Sautron
1996 - Paris, Pouzauges, Bargemon, Rablay sur Layon, Versailles
1995 - Montmorillon, Lassay-les-Châteaux, Pointe-à-Pitre, Cholet
etc.. jusqu'en 1972.
Bibliographie
1995 - 303 - Art, recherche et créations
1994 - l'Anjou
1993 - Progresso Fotografico
1992 - Photo technique international
1991 - Photo magazine
1989 - Leica photographie internationale, ...
Acquisition d'oeuvres par de nombreux musées français.
Animation de stages de techniques spéciales et anciennes depuis 1989.
Exposition "Instants trouvés"
Pierre Louis Martin est un faiseur d'image, plus qu'un photographe, une sorte de magicien doué pour transformer la réalité photographique.
Mais cette fois, les photos présentées dans cette exposition sont d'un autre registre. Il s'agit d'une démarche éminemment poétique, non verbale, proche de l'expression conceptuelle, où les différents niveaux de lecture proposent une vision du culte de la mort avec pour pendant une interprétation sociale de la photographie qui nous renvoie au sens même de notre consommation.
Le montage en diptique permet le glissement des grilles de lecture d'une image sur l'autre. Un élément du diptique sert de référence à la lecture du second, puis renvoie à son tour au premier, et ainsi de suite.
Pierre Louis Martin confronte des comportements humains. Tout d'abord, il nomme la vie et la mort avec l'exploitation successive: de l'image négative/positive, et une représentation du mythe funéraire signifié par l'image positive entouré de fioritures, comme on peut le voir sur les pierres tombales (culte de vivants face à la mort). L'intention est corroborée la morbidité intrinsèque à la photo développée par Roland Barthes dans La chambre claire. Pierre Louis Martin nous informe ensuite sur l'origine des images. Il dit avoir acheté des plaques photographiques au kilo dans une brocante. Cette clef permet d'accéder à l'interprétation sociale de l'acte photographique.
L'anonymat des personnes photographiées et du photographe auteur des plaques, obstrue à souhait les canaux classiques de lecture. Qui c'est, où c'est, et pourquoi c'est, ne trouvent pas de réponse. Un doute plane. Il est seulement possible d'affirmer que: "Ca a été" ou même, "ils sont morts et pourtant is sont vivants" en allusion à la légende que Roland Barthes appose à la photo du prisonnier condamné à mort. Notre incapacité de cerner l'histoire des photos court-circuite nos repères temporels et provoque une fulgurence qui nous ramène au présent. Le photographe Pierre Louis Martin devient la seule issue pour faire perdurer le raisonnement, en vue de trouver des réponses à l'énigme posée par ses photos.
L'acte artistique de Pierre Louis Martin qui consiste à récupérer des plaques photographiques pour en élever l'image au rang de l'art s'apparente aux ready-made de Marcel Duchamp. Mais Pierre Louis Martin s'approprie aussi le travail artisanal du photographe anonyme (qui redevient un tiers actif) et le valorise. Cette logique de détournement de l'objet (récupération) comme du travail artisanal procède du recyclage/résurrection. Il a comme point d'orgue la mémoire des personnes, des choses et des objets, fussent-ils futiles à nos yeux contemporains (?) car faute de mal considérer la photo artisanale, la photo d'amateur et familiale, nous mettons en péril notre propre patrimoine. Pierre Louis Martin nous suggère d'en prendre soin, ou au moins de le considérer comme un bien collectif.
La lecture combinatoire du diptique donne ensuite à voir un mode de fonctionnement: travail/objet/consommation propre à notre société: Que font ces plaques dans une brocante? Que signifie notre désintérêt pour les objets caducs? Et pourquoi ces objets deviennent-ils caducs. C'est là, aussi, dans la mémoire mécanique de la photographie qu'apparaissent les failles de "l'utilisation" d'un système basé sur le productivisme et souligné maintes fois par Edgar Morin. Cette exposition va dans ce sens, elle contribue à la prise de conscience du non-sens de la surconsommation en recyclant des objets déchus à des fins artistiques.
Pierre Louis Martin réalise un bel acte artistique, car c'est dans le nomadisme poétique cher à Kenneth White que réside une forme de solution humble et généreuse. Il s'agit là de déambuler dans l'espace poétique (les plaques achetées dans une brocante, leur signifié, leur signifiant) pour y trouver la source du "dire" contemporain. Ainsi, ces objets du passé nous chuchotent des histoires du présent.
On peut alors se demander de quoi Pierre Louis Martin nous propose exactement de faire le deuil.
Camille Favre - 04/2000.
Qu'est-ce que le mordançage en photographie?
Avant l'avènement de la photographie, ce terme de mordançage était utilisé par les graveurs et lithographes pour désigner l'action d'un acide ou "mordant" sur la matère à graver (pierre, verre, cuivre, etc...).
En photographie, l'effet de mordançage peut être assimilé à une gravure chimique de la gélatine du papier. Lorsque l'on examine une épreuve terminée, c'est bien l'effet d'une gravure qui apparait avec des parties mates et d'autres brillantes. En réalité, cet effet est obtenu de manière un peu plus complexe que la simple attaque de la matière par un acide. En lisant les livres écrits dans la dynamique effervescence du 19° siècle sur les impressions photographiques, on s'aperçoit que le terme de "mordançage" est très utilisé. La première difficulté réside dans l'application des formules prescrites sur les papiers photographiques qui ont évolué. Plus près de nous, on trouve de précieux renseignements dans "La Technique Photographique" de L.P. Clerc. Depuis 1960, Mr Jean-Pierre Sudre photographe à Lacoste réalise de merveilleux paysages matériographiques de culture de cristaux en utilisant le mordançage en étape de réalisation. Le photographe Denis Brihat à Bonnieux utilise couramment le mordançage dans ses réaliosations qu'il appelle alors "grignotage".
Le mordançage ne doit être considéré que comme un procédé photographique consistant en une opération (plusieurs étapes) chimique transitoire permettant à l'image de se transformer selon certaines caractéristiques qui ne pourraient s'effectuer autrement.
Il va sans dire que ce traitement chimique particulier (s'accompagnant d'effets mécaniques) n'est pas un but en soi mais une possibilié supplémentaire d'intervention conduisant à la réalisation de l'image souhaitée.
Le but vers lequel je désire me diriger en ce qui concerne mes photographies sur la "Nature" est celui dans lequel le rêve et la réalité sont intimement imbriqués. Le résultat, dans lequel le réel et l'irréel semblent étroitement mêlés, n'est pas intangible et peut être apprécié différemment par chacun.
Pour l'obtenir trois voies me sont ouvertes:
- par un photogramme,
- par un négatif,
- par une association photogramme-négatif.
Il faut considérer avant toute chose que chaque photographie représente une expérience nouvelle, même si l'on a déjà réalisé des images semblables auparavant, cela permet de rester ouvert à toutes les possibilités de l'intervention qui pourraient conduire vers une interprétation insoupçonnée.
Pour commencer, prenons l'exemple du photogramme. Son choix découle d'une décision personnelle. En ce qui me concerne le problème s'est posé ainsi: je savais ce que je voulais représenter mais je ne savais pas comment y parvenir? C'est lorsque je me suis rendu compte des possibilités apportées par la technique du mordançage que j'ai enfin su que je pouvais parvenir à mes fins c'est à dire réaliser les images dont je rêvais.
Mais revenons au photogramme de graminées car elles sont faciles à trouver et ne sont pas en voie de disparition. Avec les herbes en main nous allons choisir un papier, un révélateur, un traitement classique en somme jusqu'à une comlpète élimination de l'hyposulfite par un lavage soigné. Dans le but de faciliter les opérations ultérieures, nous allons choisir un papier chlorobromure baryté (de préférence à un bromure). Actuellement, les types de papier chlorobromures les plus faciles à trouver sont: le Forte Polywarmtone, Fortezzo Museum et le TT Baryt de Téténal. Le révélateur que j'utilise est le Dektol de chez Kodak (en poudre il est moins cher qu'en conditionnement liquide) en gardant un temps de développement constant de 2 min à 2,3 min (20° à 22°C).
La réalisation des deux images strictement identiques est pratiquement impossible à moins et sous certaines réserves de commencer le traitement avec un nombre important d'images. Néanmoins, étant donné le nombre important de paramètres à surveiller et pour contrôler au maximum le déroulement des opérations on a intérêt à limiter le nombre de variables, donc à conserver une base de départ constante, en l'occurence, le traitement du photogramme.
Constantes du photogramme (exemples):
- le type du papier .................................... chlorobromure
- le type de révélateur .............................. dektol
- le temps de développement ................. 2,15 min
- le temps de fixage .................................. 10 min (Unifix)
- la température du traitement ............... 20°C
- le temps de lavage (et le mode) .......... 50 min
Après le lavage, laisser chaque épreuve au fond d'une cuvette d'eau pour attendre la suite des opérations.
Pierre-Louis Martin
Nuaillé le 04/03/1993.