Série "Jeux des Vies - 2006"
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Nées du hasard de la rencontre, mes images sont un témoignage de l'image par l'image. Une façon de raconter une histoire, sans écrit, mais en prenant pour matière première, l'iconographie ou les signes laissés par les autres.
C'est à partir de ces fragments, de ces signes glanés sur les murs des cités (Syracuse, Mumbay, Paris, Madurai, Riga, Shanghai.) que se (re)crée une juxtaposition d'interventions, dans mon champ photographique.
Comme si de spectateur, je devenais le porte-parole ou le passe-vues des échanges humains, qui ont colporté joies, détresses ou simples pensées, comme des garde-fous de la vie.
C'est un travail qui part de traces mémorielles, d'une réutilisation de ce "qui a été".
Mais je veux la célébrer comme une renaissance et non comme une mémoire ad-memorium.
C'est une énième vie qui est engagée à chaque travail sur l'image à chaque tirage.
Les images qui en résultent (re)qualifient le matériau en lui donnant une vertu différente en les retravaillant, en les agrandissant, je leur confère une nouvelle qualité narrative et j'interprète à ma façon une nouvelle façon de percevoir les marques du temps.
L.F.Bacou, novembre 2006
Tirages kallitypes imprimés par contact sur du papier 100% coton à partir de négatifs analogues agrandis, montés sur carton de conservation 40x50cm - 665 Euros
Série "Oliviers - 1997"
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ornés de fruits oblongs
assis sur leurs troncs tortueux
où vent des collines et vent marin
s'évertuent à faire chanter
leurs feuilles blanches et argentées
ces témoins séculaires, ont sculpté
sur le veinage de leur écorces,
les rudes visages de l'HISTOIREL.F.Bacou,novembre 2006 Tirages platine-palladium imprimés par contact sur du papier 100% coton à partir de négatifs analogues agrandis, montés sur carton de conservation 40x50cm - 750 Euros
- Expositions -
Janvier 2002 : exposition personnelle - Atelier pH7 - "People in Motion" Ag & Pt-PdAvril 2000: Exposition personnelle « VARANASI » Galerie PENINSULA Square - Hong Kong
Janvier 1999: Exposition personnelle "COMPOSITIONS" Platinum prints Atelier pH7 Bruxelles
Octobre 1998: Exposition personnelle " EN VOUS ATTENDANT" Galerie 31 Lille (59)
Mai 1997: Exposition "LA GOURMANDISE" Centre George Pompidou Paris
Décembre 1995: Exposition NEW YORK regard dun photographe Français; Centre culturel Américain à Bruxelles.
Mars 1985: Exposition personnelle « ELLE » Galerie JC Estève à Montpellier.
Monographie d'expositionMars 1983: Présentation Centre Français de la Photographie ILLUSIONS DÉRISOIRES
Décembre 1982 Exposition personnelle du RÊVE au FANTASME Galerie du Château dEau à Toulouse.
Etc... jusqu'en 1970
Publications
Portfolio CREATIS N° 11
Monographie du RÊVE au FANTASME texte de Joseph DELTEIL
Diverses éditions photographique
Acquisitions :
- Cabinet des Estampes et de la Photographie Bibliothèque Nationale (Paris)
- Galerie du Château d'Eau (Toulouse)
- Musée dArt moderne (Toulouse)
- Centre dart Contemporain Georges Pompidou (Paris)
- Atelier pH7(Bruxelles)
- Galerie Créatis
- Collections particulières
Divers : Interview FR3 Midi-Pyrénées 1982 sur le Discours Photographique

Sur les images de Louis François Bacou
Certain passent sans voir tandis que s'enregistre sur leur rétine des images qu'ils ont payé pour voir; d'autres recherche le spectacle rare, l'exotisme dont ils vendent les clichés sur papier glacé ; ou encore se font conduire de l'aéroport au Hilton, traitent leurs affaires, s'encanaillent une nuit et reprennent l'avion. Ils appartiennent la horde de ceux qu'Henri Michaux qualifiait de " barbares " aveugles mais vus (l'occidental venu apporter les bienfaits de l'économie de marché ne passe pas inaperçu) de ces deux tiers de l'humanité qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ou aux limites de la survie. Même celui que meut la compassion, l'intérêt anthropologique ou un désir de franchir les barrières de l'ethnocentrisme, s'il abdique l'arrogance des nantis, demeure interdit devant l'Autre et, conscient de sa propre altérité, n'osant le regarder, sinon la dérobée, tellement l'écart est énorme, est tenté de se réfugier dans une vision monumentale.
Louis-François Bacou, un artiste Français, tente d'échapper ces pièges spéculaires en utilisant la photo comme médium " subjectif ", en flâneur dans un esprit baudelairien, recherchant, à l'instar du poète de la modernité, "la beauté de circonstance ". Il marche parmi les peuples qu'il visite régulièrement au rythme de leur temporalité, se sachant vu et captant ou croisant le regard des humains ou des dieux qu'il rencontre, son appareil photo dans la main droite, à la hanche (hip shooting), comme inemployé, simple prolongement sensoriel, inaperçu de ceux qui s'enregistrent ainsi à leur insu sur la pellicule. Dans les clichés obtenus de cette manière se loge en creux une sorte d'impensé (une imprévisibilité, un aléa) qui laissera plus tard se déployer l 'imaginaire du regardeur.
Les corps, beaux et nobles, enveloppés de la mystérieuse élégance de la nécessité, se livrent des activités millénaire ; les gestes sont usé, mille fois répétés, collectifs ; les visages sont des masques modelés par un quotidien lui-même surgissement d'un présent immémorial non encore affecté par le signe de nos occidentales promesses de bonheur de (de salut, de progrès illimité, de consommation), si ce n'est, parfois, celle d'une obole qu'incarnée par cet Occidental qui approche et dont l'apparition fait oublier la mécanique fixatrice d'images qui pend à son coté. Cela donne des bas reliefs que l'on croirait décalqués d'une stèle alors qu'ils sont issus du hasard quasi improvisé du déclic, déclenchés par la volonté de l'instant. Un fragment de vie d'une spontanéité, une sorte de gaieté ou présence non réfléchie dans l'âtre qu'est ainsi prélevé in actu ; dans l'abandon complet des protagoniste saisis dans le temps des travaux et des jours disparu d'Occident depuis la fin du moyen age. Une perte s'annonce dans images vestiges dont on dirait des enluminures et frontons romans ou gothiques, ou des tableaux de Courbet et de Millet non romantiques, en tout cas, ni pittoresques. S'offre encore nous une innocence sans nostalgie, constat d'un pur présent dans lequel se devine un destin antique de la croissance capitaliste qui, pour arracher les peuples au divin, les livre aux taux d'intérêt.
Et de fait, une précarité, une violence latente sourd dans tout cela ou se rappelle la mémoire : ces paysans vietnamiens ont vu se déverser le napalm américain, ces Cambodgiens ont subi la terreur des Khmers rouges, ces statues seront volées, Naipaul nous a décrit dans India les menées des gangs et l'agitation menaçante des leaders populistes du sous-continent.
Le trouble rétrospectif ou prospectif que de telles images pourraient susciter chez le spectateur est de la sorte comme neutralisé et active la fois. Une tension étouffées anime toutes ces scénographies. D'une part, la captation mécanique voile, occulte en elles le travail de l'Histoire, inscrit la marque d'un hiératisme dans lequel on croit lire une temporalité sans événement, celle d'un éternel retour on encore travaillé par la conscience historique ou réduit par celle-ci un nihilisme ; moment fugitif ou bref enchantement séquentiel s'inscrivent dans la fatalité cosmique et sociale de multitudes dans lesquels l'individu a intériorité une trace ancestrale et divine empreinte de l'autorité inconsciente du passé qui donne forme à une apparence suspendue dans une sorte d'indécidabilité.
D'une part, cette illusion de hors temps est niée par la misère, la mendicité, la crasse, le poids de la tradition et le faix, l'immobilité, l'animal, la résignation. Comme si, dans ces photographies, la défunte modernité était obligé de se voir dans ce qui n'a jamais été elle et ne sera désormais que sous des formes grotesques et destructrices. Désormais, on le sait, amelioration is deterioration. Cette apparition contradictoire d'une mutation visible-invisible se révèle ici de plain pied et avec une immédiateté non calculée qui empêche que ces tableaux de murs ne se transforment en dénonciation, ne s'institutionnalisent en portraits où il n'y a pas de manipulation, l'image nous est offerte telle quelle ; les cadrages ne sont pas des fantômes de la quête impossible de la réalité absolue par une caméra témoin, ils sont les moments d'un réel surgi en deçà et continué au delà de la zone floue qui le cerne sur les clichés.`Richard Crevier