JEAN DAUBAS (FR)


Fragiles dépôts

d’espace et de temps…

La photographie est toujours invisible : ce n’est pas elle qu’on voit.
Roland Barthes La Chambre claire

 

Dépôts, souffles, traces,
Infimes glissements de temps et / ou d’espace,
Mystère des apparitions et disparitions,

Fragilités…


Depuis longtemps, je poursuis doucement une lente exploration du médium photographique, toujours plus émerveillé et fasciné par l’incroyable fragilité du lien entre réalité, apparences et mon regard.

Soucieux de l’adéquation du fond et de la forme, j’ai choisi les outils (prise de vue et /ou tirage des épreuves) qui respectent la fragilité de mes sujets et un sentiment d’intimité entre image et regardeur, excluant tout effet spectaculaire (format géant, contrastes excessifs, etc.).

A la prise de vue, selon la nature de mes sujets, je choisis l’outil qui respectera au mieux mon intention et mon ressenti : appareil traditionnel doté d’une excellente optique, appareils-jouets (Holga, Diana, etc.) livrant une image approximative ou même appareil à sténopé [ce dispositif minimal (simple boite noire percée d’un trou minuscule) me laisse accéder à une vision nouvelle, dans laquelle géométrie (= espace) et mouvement (= temps) obéissent à des règles spécifiques].

Ensuite, l’immense variété des possibilités offertes par les procédés alternatifs me permet d’élaborer des tirages portant en eux-mêmes les qualités d’image que je souhaite partager avec le regardeur. Loin de toute automatisation et standardisation, la confection de l’épreuve est un long processus unissant le physique (gestes manuels, toucher du papier, humidité, …), le mental (les choix à effectuer), la sensibilité (ressentis personnels) dans une recherche de cohérence et d’harmonie.
Enfin, l’image est là, apparemment évidente ; mais elle ne nous dit pas tout, tout de suite ; il faut prendre le temps et alors, on peut partir à la découverte de quelque zone sombre qui, dans la profondeur des fibres du papier va nous révéler quelques nouveaux détails infimes ; c’est alors que la photographie, au-delà de sa visible surface, nous ouvre une porte vers notre imaginaire, nos rêves, nos désirs…

JEAN DAUBAS
16 Rue de Bourg Sec · 25440 LIESLE · France
Å : +33 (0)6 81 53 12 89 · mél : jean.daubas@wanadoo.fr

 

Jean was born in 1954 in France. When he received his first Kodak Instamatic camera at age of 11, Jean quickly became aware of the numerous ways photography could allow him to see the world and to express himself. Discovery of the black and white darkroom work at 18 was the next important step in Jean's approach to photography.


Though assuming a variety of occupations, Jean never stopped to feed his passion for photography. In 2001, he decided to dedicate himself completely to photography on 2 distinct levels: his own work as an artist, his passion for Photography as a fascinating subject of study because of its diversity (social, aesthetical, historical, philosophical points of view, etc.)


Jean regularly shows his work in individual or collective exhibitions in France and Europe. He spends a lot of time in teaching photography and working on photographic projects with very different kinds of people: fine art students, teachers, children and youngsters (from 4 to 20), disabled people, old persons, etc.
Being one of the leaders among the French pinhole specialists, Jean was one of the co-founders of the WPPD World Pinhole Photography Day in 2001. Jean's approach to alternative processes finds its roots in the way Jean loves slow manual processes where the artist's creativity may express at its most by the choice of paper, toners, coating methods. Alt processes allow Jean to "feel" the way the image settles itself on the paper, as the light reflected by the world settles itself on the film in the camera
.