LE PLATINOTYPE
Procédés Pt-Pd à noircissement direct
Le premier procédé à noircissement direct fut mis au point par Guiseppe Pizzighelli vers 1882. Ce procédé, basé sur lemploi de loxalate ferrique au sodium et loxalate ferrique ammoniacal permettait lobtention dun platinotype par inspection et non par développement. Une version contemporaine de ce procédé fut étudié, dans les années 1980, par les scientifiques anglais Ware & Malde. Le dernier développement est luvre conjointe des américains Sullivan & Weese, introduit par Dick Sullivan à partir de 1995 et porte le nom de "ziatype" .
COMPARAISON DES PROCEDES ZIATYPE ET WARE / MALDE
Les deux procédés ont comme origine les travaux des années 1880 du Capitaine Pizzighelli qui, avec le Capitaine Abney, Hubl et Willis, a été un des précurseurs du procédé Pt-Pd. Pizzighelli développait une méthode à noircissement direct en utilisant de loxalate ferrique ammoniacal, du chloroplatinite de potassium et un support papier humidifié. Le procédé était commercialisé sous le nom « Dr Jacobys Platinum Printing-Out-Paper ». Pizzighelli expérimentait avec différentes formules aux sels doubles et décrivait que laddition doxalate de sodium, de potassium et dammonium permettait daltérer la sensibilité et la couleur du tirage.
En 1986, le Dr Michael Ware publiait un article# qui décrivait un procédé similaire au procédé Pizzighelli en substituant du chloroplatinite dammonium au chloroplatinite de potassium.
En 1996, Richard Sullivan mettait au point un système au palladium, capable dun choix de couleurs dimage, allant du bleu-noir au brun, en utilisant un mélange de lithium chloropalladite et de césium chloropalladite et ceci dans un vaste éventail dhumidité relative. Le ziatype, qui en est le résultat, peut être décrit comme étant un système dimpression au palladium, basé sur le principe de Pizzighelli, dans lequel la couleur et le contraste sont contrôlés chimiquement et ou lhumidité du papier joue un rôle mineur.
Comparaison
+ Le ziatype utilise les chloropalladites du lithium et du césium afin de chimiquement obtenir une grande étendue de couleurs. La couleur, le contraste et lhumidité sont quasi indépendants lun de lautre.
Le procédé Ware/Malde utilise des sels dammonium du platine et du palladium. La couleur est fonction de la balance entre lhumidité du support papier et la teneur en sels de platine et de palladium.+ Le ziatype peut imprimer des négatifs dans une gamme étendue de 0,8 à 2,0 en contrôlant chimiquement le contraste.
Dans le procédé Ware/Malde le contraste est contrôlé par le degré dhumidité lequel influence également la couleur de limage.+ Le ziatype est un procédé au palladium ; lutilisation du platine napporte pas davantages en termes de qualité et de permanence.
Le procédé Ware/Malde utilise le platine comme un des ingrédients dans le contrôle de la couleur, ce qui, en termes de temps dexécution, interfère dans le processus de sensibilisation.+ Le ziatype est utilisable dans un large éventail de degrés dhumidité.
Le procédé Ware/Malde recommande lusage dune chambre humide pour le contrôle.+ Le seul élément commun au deux systèmes est lutilisation de loxalate ferrique ammoniacal afin dobtenir le phénomène du noircissement direct de limage.
LE ZIATYPE
OU PROCEDE AU LITHIUM-PALLADIUM &
CESIUM-PALLADIUMLe procédé ziatype a été développé récemment par Dick Sullivan et est, comme le procédé Pt-Pd de M. Ware, décrit ci-après, une variation du procédé de Giuseppe Pizzighelli des années 1880. Afin dobtenir leffet de noircissement direct, la méthode Pizzighelli utilisait loxalate ferrique ammoniacal (ammonium ferric oxalate) ou le sodium ferric oxalate, le chloroplatinite de potassium et un support papier humidifié. Le « Pizzitype » était commercialisé durant une brève période et était abandonné dû à des problèmes techniques de fabrication.
Dans le procédé ziatype on utilise le lithium chloropalladite et le césium chloropalladite qui son des sels doubles, construits sur des composés métalliques alcalins. Le lithium, le plus léger des deux se trouve dans le haut du tableau I de la table périodique et produit une couleur bleu-noire. Le césium, très lourd, apparaît à lautre bout du tableau I et produit une coloration brun-noire. Le césium est lélément le plus alcalin de la table périodique et est un des trois métaux se présentant sous forme liquide à la température ambiante. Leur combinaison produit un procédé dimpression dans lequel des tonalités du brun au bleu-noir peuvent être obtenues dans une vaste étendue dhumidité. Le système ziatype constitue un système dimpression au palladium pur, basé sur le principe de Pizzighelli, mais où la couleur et le contraste sont contrôlés chimiquement et dans lequel la teneur en eau du papier joue une fonction de contrôle mineur.
Parmi les avantages du ziatype, on peut citer:
- que cest un procédé p.o.p. très versatile avec lequel la qualité de limage peut facilement être contrôlée pendant lexposition;
- le ziatype sadapte bien à une multitude de supports papier;
- il possède une sensibilité à la lumière accrue;
- le révélateur est superflu;
- contrôle du contraste, sans obtention de grain ;
- avec du Pd pur, il produit une couleur froide noire neutre;
- on obtient un Dmax élevé sans utiliser du platine;
- tous les produits chimiques sont vendus, prêt à lemploi, dans le commerce spécialisé.Procédé au lithium-palladium
La solution de sensibilisation
Le procédé ziatype de base, donnant une tonalité gris-neutre, consiste de deux solutions: loxalate ferrique ammoniacal (ammonium ferric oxalate) et le lithium chloropalladite (LiPd).
Solution n°1a (oxalate ammoniacal)
- Oxalate de fer ammoniacal .. ............ 40 g
- Eau p.f ...............................................100 mlSolution n°1b (lithium)
- Oxalate de fer 13.4 g
- Oxalate de lithium 8,8 g
- Eau p.f. 100 ml* 100% de solution n°1b donne des tonalités très chaudes (rougeâtres), mais assez contrastées.
* Un mélange de 50% de solution n°1a et 50% de solution n°1b assure des ombres noires et une grande étendue de densités avec des demi-tons chauds.
* Le mélange de 25% de solution n°1b et 75% de solution n°1a combine une grande étendue de densité avec des hautes lumières très délicates.Solution n° 1c (sodium oxalate)
- Oxalate de fer ..13.4 g
- Oxalate de sodium 11,8 g
- Eau 100 mlLa solution n°1c (comme utilisée par Pizzigheli) donne un plus grand contraste que la solution n°1a, possédant un dmax très noir et des demi-tons légèrement bruns.
Solution n°2 (contraste)
- Bichromate dammonium . 25 g
Eau p.f. 100 mlUne solution de dichromate à 2%, 5% ou 20%, ajoutée au mélange de sensibilisation sous forme de gouttes (environ 1 goutte par 500 cm2 de surface dimage) permet une augmentation du contraste gradué (voir tableau ci-dessous). Le dichromate dammonium augmente la séparation tonale dans toute limage en améliorant la séparation dans les ombres sans affecter les hautes lumières. Le dichromate produit une image plus chaude que le mélange sans contrastant. La présence du dichromate augmente le temps dexposition, qui devient également plus critique.
On peut recommander la préparation de solutions allant de 1% à 20% de dichromate dammonium, à conserver dans des petites bouteilles pourvus dun compte-goutte. Ladjonction dune goutte dans la solution de sensibilisation peut changer le contraste de façon significative. Il y a donc lieu dexpérimenter.Solution n°3a (LiPd)
- Chlorure de lithium (Lithium chloride) .......... 6,8 g
- Chlorure de palladium .................................. 9,2 g
- Eau p.f. .................... 100 mlDes tons chamois peuvent être obtenus par le remplacement de la solution LiPd par la solution au Césium palladium (CsPd) ou par ladjonction de celle-ici à la solution de base (voir tableau).
Solution n° 3b (CsPd)
- Chlorure de Césium .................................... 8,8 g
- Chlorure de palladium ............................... 8,8 g
- Eau ............................................................100 mlAdditifs
La qualité dabsorption du support papier peut être amélioré par adjonction de la solution Tween 20 ((environ 1 goutte par 500cm2 de surface dimage).
Solution n°4a (Sodium Tungstate)
- Sodium Tungstate 16 g
- Eau p.f. 100 mlLutilisation de sodium tungstate produit une image brune dune autre tonalité que lusage de césium palladium et donne un tirage doux délicat avec un bon dmax. Le sodium tungstate réagira, sous certaines conditions, et formera de lacide tungstique. Lordre dintroduction est critique et est obligatoirement: FO + ST + LiPd.
Solution n°4b (chlorure dor)
- Chlorure dor . 5 g
- Eau p.f. . 100 mlEmploi du chlorure dor
Utilisé pour lobtention de tons variant du gris neutre au bleu et au pourpre. La solution de chlorure dor est utilisée comme composante métallique de
limage et pas comme moyen de virage. Un nombre défini de gouttes de chlorure dor est substitué à la solution LiPd n°3a dans la solution de sensibilisation.On ajoute le chlorure dor après avoir mis le LiPd, sinon il précipite dans la solution doxalate. Il nest pas possible de mélanger lor et le CsPd.
% Or Tonalité Contraste
15 à 25% neutre à frais médium à haut
50% bleu à pourpre haut
80% pourpre à lavande très haut
Le temps dexposition est augmenté en fonction de la quantité dor utilisée.Utilisation du platine
Leffet hygroscopique du LiPd est si fort que la moitié du composant métallique de lémulsion peut être remplacée par la solution n°3 (Pt) du procédé à développement traditionnel au chloroplatinite de potassium, sans que leffet du noircissement direct en soit influencé.
25 à 50% de platine forme une image très délicate dans tous les registres de densité de limage.
Il est à noter que le procédé ziatype ne permet pas une image à 100% de platine.La sensibilisation
La sensibilisation se fait soit à laide du pinceau sans métal classique ou à laide du cylindre en verre ou plexiglas. comme pour le procédé Pt-Pd on utilise environ 0,5 ml de solution de sensibilisation par 100 cm2 de surface dimage.
La quantité de solution n°1 doit être égale à la somme des solutions n° 3a et 3b.
La méthode de sensibilisation à laide du cylindre en verre est nettement plus économique. On utilise un cylindre dont la longueur est équivalent à la plus petite dimension de limage à imprimer. La solution de sensibilisation est étendue le long du cylindre en verre et ce denier est ensuite tiré, sans exercer de pression, sur la surface du papier. Dabord relativement vite : environ 5 à 6 secondes par passe et ensuite de plus en plus lentement : environ 15 secondes pour la dernière passe, en faisant attention de ne pas briser la ligne du liquide, observée à travers le cylindre.
Le noircissement direct, sans développement, du ziatype dépend du degré dhumidité du papier.Dans les régions très sèches, le degré dhumidité idéal de 50 à 60% HR du support papier peut être obtenu en utilisant la technique dhumidification décrit plus haut par M. Ware, ou en réglant lHR du local de traitement au degré dhumidité souhaité.
Lauteur obtient de bons résultats en humidifiant le papier au-dessus dune vapeur, produit par ébullition deau, jusquà relaxation du papier. Ensuite, on laisse reposer le papier dans une boîte fermée pendant quelques minutes afin duniformiser la teneur en eau dans la feuille. Lhumidité relative à lintérieur de la boîte dhumidification est mesuré à laide dun hygromètre digital.Séchage en une opération
Cest la meilleure méthode pour obtenir des tonalités noires pures. Après avoir sensibilisé le support papier sous une humidité relative entre 50 et 70% H.R., on laisse reposer celui-ci pendant 2 à 3 min. Au moyen dun courant dair froid (sèche- cheveux sur position "froid") on sèche le papier, côté sensible, jusquà la sensation sèche du papier.
Cette sensation sèche peut être évaluée de différentes manières :
- en touchant la surface sensible dun doigt ganté de caoutchouc : à la sensation lisse, le support sensibilisé est prêt à être impressionné; Si lon sèche le papier à lair, sans apport dair pulsée, on peut obtenir de taches irrégulières et de la formation de grain dans limage.
- quand la surface sensibilisée est devenue entièrement mate on sèche avec un sèche-cheveux à la position « froid » pendant une trentaine de secondes ;
- quand le papier semble sec mais na pas encore lélasticité « raide » dun papier parfaitement sec ;
- quand le dos du support papier semble froid au toucher avec lintérieur du poignet.Séchage en deux temps
Cette méthode produit de images ziatypes de couleur noire à brun-noire. Après le séchage comme décrit ci-dessus, on humidifie le support papier dans une boîte dhumidification, au-dessus dune solution saturée de:
Produit à 20°C HR obtenueNitrate de magnésium hexahydrate 54,9%
Nitrate de calcium tetrahydrate 55%
Bichromate de sodium dihydrate 55,2%
Une humidification de 2 à 3 min suffit généralement. Le temps dhumidification idéal peut être déterminé expérimentalement.Exposition
On expose par contact sous une source riche en UV. Le temps dexposition est environ trois fois moins que pour le procédé Pt-Pd.
Comme, pendant lexposition, le ziatype requiert un degré dhumidité non négligeable du support papier (50 à 60 %R.H.), il est hautement recommandé dintercaler une feuille de polyester transparent entre le négatif et le support papier afin de ne pas détériorer le négatif.
En exposant au soleil, il est prudent de mettre également une feuille de polyester au dos du support papier afin de retenir la teneur en eau de la feuille pendant lexposition.Inspection
Il est important dapprendre lévaluation correcte dune image à noircissement direct. En premier lieu, la couleur orangée de limage non éclaircie donne une fausse impression des hautes lumières et parties claire
Ensuite, il faut judicieusement placer limage dans le châssis-presse afin de pouvoir évaluer les parties les plus importantes de limage à linspection.
Le temps total de lexposition fractionné par plusieurs inspections ne correspond pas tout à fait au temps dune exposition ininterrompue. Il y a lieu dexpérimenter.Eclaircissement
Après lexposition on rince dans de leau courante pendant minimum 2min;
Léclaircissement se fait de la même façon que pour le procédé Pt-Pd à développement :
parmi les solutions qui peuvent être utilisées comme agent éclaircissement on trouve :
- acide phosphorique ;
- acide citrique, solution à 2% ;
- acide chlorhydrique ; solution éclaircissant historique en solution à 4%.
- EDTA, solution à 4% ;
- les solutions dadjuvants de lavage utilisées dans les procédés argentiques : Kodak Hypo Clearing Solution, sulfite de sodium en solution à 1%, etc.
En somme, toutes les solutions "anti-rouille" sont utilisables.Généralement, la préférence est donnée à lusage dune solution dEDTA tetrasodique à une concentration de 3 à 4% dans de leau distillée. Il est apparu que la solution dEDTA seule est, dans beaucoup de cas, insuffisante pour un éclaircissement total.
On y ajoute alors du sulfite de sodium à 1% qui constitue, à lui seul, un bain dadjuvant de lavage dans le procédé argentique.EDTA tetrasodium ................................ 40 g
Sulfite de odium .................................. 10 g
Eau ...................................................... 1000 mlLe premier pas déclaircissement est un rinçage à leau courante pendant plusieurs minutes afin denlever la plus grande partie des sels de fer restants. Ensuite on transfère le tirage dans le premier bain dacide pendant 4 à 5 min sous agitation intermittente.
Entre les différents bain déclaircissement, il y a lieu de rincer à leau courante. On répète les opérations dans les deux bains déclaircissement suivants.
La solution acide du premier bain devient assez vite jaunâtre à cause de loxalate ferrique qui est enlevé du papier. On écarte alors ce bain et on le remplace par le deuxième bain et on mélange une nouvelle solution pour le bain déclaircissement final. Ce dernier sera, à tout moment, dapparence limpide.
Léclaircissement est une étape importante du procédé Pt-Pd. Un éclaircissement insuffisant peut être la cause dun noircissement ou dun jaunissement du tirage dans le temps. Un séjour prolongé dans un bain acide saturé avec des sels de fer occasionne des taches.
Un bord blanc autour de limage permet un contrôle visuel de lefficacité de léclaircissement.
Rincer dans de leau courante pendant environ 10 minutes;Enlever leau superficielle par raclage entre deux feuilles de polyester;
Sécher à lair.Procédé au CsPd
La solution n°3b au CsPd est une solution super saturée qui précipite à la température ambiante et doit nécessairement être utilisée à létat chaud. Un tirage 100% CsPd a une tonalité très chaude avec des tons rouges dans les Dmax.
Un mélange 50/50 LiPd et CsPd donne des Dmax noir neutres avec des tonalités complexes chaudes dans les tons moyens et les hautes lumières.Virages
50% de lithium palladium + 25% de chlorure dor (solution 5%) + 25% de tungstate de sodium donne des tonalités bleu-noires. Dautre part, une adjonction de chlorure dor à 5% donne des couleurs bleues à pourpres.
tableau de sensibilisation.pdf RETOUR