PERMADOCUMENT

LE PLATINOTYPE

LE PROCÉDÉ Pt-Pd A DÉVELOPPEMENT

Produits chimiques utilisés

Acide oxalique: C2H2O4.2H2O

Produit nocif par contact avec les yeux, la peau et par ingestion. Conserver hors de portée des enfants. L’acide renversé est saupoudré de poudre d’hydroxyde de calcium ou de bicarbonate de sodium. Une fois la réaction finie on peut tout ramasser avec un linge humide et rincer ensuite avec beaucoup d’eau.

Chlorate de potassium: KClO3

C’est un oxydant. Il ne faut pas l’approcher de solvants organiques, de sels d’ammonium, de carbone, de métaux finement divisés et de complexes organiques sous peine de provoquer une combustion spontanée. Il peut exploser en mélange avec des substances combustibles. Nocif par inhalation et ingestion. Conserver hors de portée des enfants. Conserver à l’écart des aliments et boissons, y compris ceux pour animaux. Conserver à l’écart de toute source d’ignition. Ne pas fumer.
C’est l’ingrédient contrastant, utilisé dans la solution de sensibilisation du procédé au platine-palladium. Il est ajouté au sensibilisateur en très petites quantités.

Chloroplatinite de potassium: K2PtCl4

Le chloroplatinite de potassium se trouve sous la forme d’une poudre rouge ou d’une substance cristalline en forme d’aiguilles. C’est un poison dangereux. Un contact répété avec des sels de platine cause des allergies au niveau dermique et du système respiratoire. L’inhalation répété cause une forme sévère d’asthme.
En manipulant des sels de platine, on portera des gants et des lunettes de protection, ainsi qu’un masque anti-poussière.
Il est normalement utilisé en solution sursaturée de 5 g pour 100 ml d’eau à la température ambiante. Dans la concentration utilisée dans le procédé au platine, il est indispensable de le chauffer afin de le garder en solution. Si des cristaux se forment dans le fond de la bouteille, la solution sera faible et produira des tirages granuleux et sans relief.

Chloropalladite de sodium: Na2PdCl4

Même dangers de manipulation qu’avec les sels de platine. Le chloropalladite est hautement hygroscopique et doit être conservé dans une bouteille scellée.

Chlorure de palladium: PdCl2

Le chlorure de palladium est toxique en contact avec la peau et par inhalation. La formule de solution sensible au palladium requiert moins de chlorure de palladium, comparé au chloroplatinite. Ce dernier produit est en réalité du chlorure de palladium auquel est ajouté du chlorure de sodium.
En principe, le palladium donne des tons relativement plus chauds que le platine. Le palladium est environ 2 à 4 fois moins cher que le platine.

Oxalate ferrique: Fe2(C2O4)3

Nocif par contact avec la peau et par inhalation. Conserver hors de portée des enfants. Porter des gants de protection ainsi qu’un masque approprié pour mélanger ce produit. De tous les produits chimiques utilisés pour faire des tirages au Pt-Pd, l’oxalate ferrique est le composant sensible à la lumière et, s’il est de qualité discutable, l’élément responsable d’une série de troubles apparaissant dans l’image finale. Peu de contraste, la formation d’un voile, des tons noirs très faibles, sont des défauts qui peuvent être imputés à un oxalate ferrique médiocre.
Normalement, ce matériau est fait en composant un hydrate de fer avec du sulfate d’ammonium ferrique et en le dissolvant ensuite dans un acide oxalique.
En prenant beaucoup de soins, un oxalate ferrique d’assez bonne qualité peut être fabriqué artisanalement. Le grand problème qui se pose est que l’hydrate, une masse en gelée, se lave très difficilement et retient généralement des sulfates et de l’ammoniaque. La présence de ces résidus l’empêchent de sécher facilement et, à l’état sec, il contient des impuretés réactives.

Préparation de la solution sensible

La solution sensible est préparée, sous éclairage inactinique, en trois solutions de base qui sont mélangées, en proportions bien définies, immédiatement avant la sensibilisation du papier. On utilise exclusivement des récipients et ustensiles en verre ou en plastique. Éviter tout contact avec du métal.
Chacune de trois solutions de base est conservée dans une petite bouteille brune, bien bouchée et étiquetée, comportant de préférence un compte-gouttes. On conserve ces bouteilles à l’abri de la lumière et de la chaleur. Prendre soin de ne pas inter changer les compte-gouttes. Les produits chimiques sont dissous dans l’ordre indiquée dans chaque formule.

Solution n°1 (Pt-Pd)
Eau distillée à 50°C ......................…….. 100 ml
Oxalate ferrique .............................…… 27 g
Acide oxalique ...............................…… 3 g
EDTA …………………………………… 0,4 g
L’addition dans la solution d’oxalate ferrique de faibles quantités d’acide oxalique et d’EDTA, réduit, de façon significative, le temps d’éclaircissement après le développement#.

Solution n°2 (Pt)
Eau distillée à 50°C ............................. 100 ml
Oxalate ferrique ................................... 27 g
Chlorate de potassium ....................... 0,55 g
Acide oxalique ..................................... 3 g
EDTA …………………………………… 0,4 g

Solution n°2 (Pd)
Eau distillée à 50°C ............................. 100 ml
Oxalate ferrique ................................... 27 g
Chlorate de potassium ....................... 1,10 g
Acide oxalique ...................................…………. 3 g
EDTA ………………………………………….. 0.4 g

En lieu et place de la solution n°2 on peut utiliser un agent contrastant (voir ci-dessous) sous forme de 1 à 2 gouttes à ajouter au mélange 1+3. L’agent contrastant doit toujours être le dernier ingrédient du mélange sensibilisateur.

Agents contrastants

Chlorate de potassium: Le chlorate de potassium, l’agent contrastant traditionnel, est utilisé en solution à 1%. Trop de chlorate dégrade le papier ainsi que l’image en formant du grain.


Peroxyde d’hydrogène: Du peroxyde d’hydrogène en solution à 3% ne dégrade pas le support papier, ou l’image, comme le chlorate. Des proportions élevées peuvent néanmoins faire précipiter du métal noble de la solution de sel métallique.

Dichromate de potassium: En solution à 2% le dichromate ne dégrade pas le papier comme le chlorate. Le dichromate de potassium peut être ajouté à la solution sensible comme contrôle de contraste interne, ainsi qu’au révélateur comme contrôle de contraste externe afin d’obtenir des résultats particuliers. Il est néanmoins recommandé de faire des essais personnels vu le grand nombre de paramètres pouvant influencer le résultat (composition du révélateur, dilution, température, degré d’épuisement, etc.…).

Chloroplatinate de sodium Na2(PtC16): Si le négatif utilisé nécessite une quantité d’agent contrastant plus élevé, le tirage résultant souffrira de la formation excessive de grain, des inégalités dans l’image et de la compression dans les tonalités moyennes. Dans ce cas, il est possible d’utiliser une quantité de chloroplatinate de sodium dans la solution sensibilisatrice en le substituant au mélange n°2 utilisé dans la formulation traditionnelle. Abney et Clark faisaient déjà référence à cette méthode en 1898. Dick Arentz a publié un système de réglage du contraste à l’aide du Na2 dans les tirage au palladium en fonction de l’étendue de densité du négatif utilisé que l’on peut consulter dans le tableau ci-dessous. La quantité de Na2 en solutions de 2,5 à 20% est ajouté à un volume de sensibilisateur de 0,6 ml. Il n’est pas inutile de rappeler qu’une goutte d’un compte-goutte vaut approximativement 0,05 ml.

D négatif Solution Na2 (%) Quantité de Na2 (ml)

D = 1,85 2,5 % 0,05 ml
1,75 5 0,05
1,60 10 0,05
1,50 5 0,15
1,40 20 0,05
1,30 10 0,15
1,20 20 0,10
1,10 – 1,15 20 0,15

La quantité de chloroplatinate de sodium est en supplément de la solution de sensibilisation normalement utilisée.

Solution n°3 (Pt)
Eau distillée à 40°C ............................. 100 ml
Potassium chloroplatinite ................... 20 g

A la température ambiante il peut se former une cristallisation dans le fond de la bouteille. Dans ce cas on chauffe la bouteille à env. 50°C avant d’utiliser la solution.

Solution n°3 (Pd)
Eau distillée à 40°C ............................. 100 ml
Sodium chloropalladite ....................... 16,4 g

Solution n°3a (Pd)
Eau distillée à 40°C ............................. 100 ml
Chlorure de palladium ........................ 9,2 g
Chlorure de sodium ............................. 8 g

La quantité nécessaire de solution de sensibilisation dépend de:
- la méthode de sensibilisation;
- l’absorption du papier;
- les composants d’émulsion spécifiques.

De préférence on commence avec un excès de solution sensible pour ensuite peaufiner la quantité idéale. Ainsi on commence par exemple avec:
Dimensions de l’image pinceau rouleau

4x5 inch 10 à 12 gouttes 6 à 8 gouttes
8x10 inch 40 à 48 gouttes 24 à 30 gouttes

Conseils de sensibilisation

- le volume total des sels métalliques égale celui du sensibilisateur ;
- on utilise une seule goutte d’agent contrastant ;
- utiliser la solution de sensibilisation le plus tôt possible après son mélange : précipitation de cristaux après refroidissement ou attente prolongée + vieillissement non contrôlable les composants sont ajoutés dans l’ordre : sensibilisateur + métaux + agent contrastant  résultant en une perte de qualité de l’image ;
- la couverture du support doit être contrôlée en fonction du degré d’absorption de ce dernier : 1 goutte = 0.05 ml (erreur de 0,05%) ;
- trop de solution sensible = surfaces inconsistantes ;

- trop peu de solution sensible = image faiblarde ;

- les supports en papier ont une meilleure couverture à température fraîche ;
-un support en textile utilise en général 3 fois plus de solution sensible que le support papier;
- il est de bon conseil de noter les détails des conditions de sensibilisation, d’exposition et de traitement, afin de pouvoir les reproduire ultérieurement;
- uniquement sensibiliser sous un éclairage ne contenant pas de lumière bleue.
La plupart des supports papier (sauf le papier ultra-fin comme le papier Japon) doivent être légèrement humidifiés afin d’atteindre la meilleure sensibilisation. On humidifie d’abord la face avant, puis le dos et, à nouveau, la face avant. On laisse reposer la feuille 2 à 3 minutes afin d’uniformiser sa teneur en eau. L’humidité relative de l’endroit ou l’on sensibilise ( ou l’intérieur d’une boîte étanche) devrait être: < 40% H.R. pour le procédé à développement
Sensibilisation

Equipement de sensibilisation

- petits récipients en verre ou en plastique pour le mélange de la solution sensible ;
- pinceaux larges (martre ou nylon très fin)

largeur du pinceau dimension de l’image
1 à 1,5 cm jusqu’à 4 x 5 inch
2,5 cm 13x18cm
3,5 à 4 cm 20 x 25cm
5 cm 24x30 à 30x40cm
- pinceaux ou rouleaux en mousse : à éviter ;
- rouleau en verre ou plexi en fonction de la largeur à sensibiliser ;
- récipient pour le trempage des pinceaux de sensibilisation ;
- rouleau de papier cuisine ;
- plaque en verre ou plastique sur la surface de travail ;
- humidificateur (à ultra-sons ou à vapeur) ;
- sèche cheveux réglable chaud-froid ;
- boîte étanche à la lumière pour le séchage de support sensibilisé.

Le pinceau « Hake » Japonais ou « Jaiban » Chinois consiste d’un manche en bois pourvu de poils cousus. L’avantage de ce type de pinceau est qu’il ne contient aucun élément métallique, ce qui convient au plupart des procédés alternatifs. Son inconvénient majeur est qu’il a tendance de perdre des poils pendant la sensibilisation.
On y remédie en le consolidant avec une goutte de « Super Glue » étendue le long de la jonction des poils et du manche.

Avant la sensibilisation il est recommandé de ne pas toucher la surface à sensibiliser avec les doigts. On fixe le papier sur une surface solide, p.e. une planche en bois, ou un morceau de verre ou de plexiglas. Il est
Recommandé de porter des gants , ainsi qu’un tablier de protection. Le papier peut être sensibilisé sous un éclairage jaune.

Les solutions de base sont mélangées dans un bêcher en verre ou en plastique. On humidifie le pinceau avec de l’eau distillée et on presse les poils pour en enlever un maximum d’eau.

Étendue de densité Nombre de gouttes
du négatif Solution N° du mélange 1+2+3

très contrasté 1 12
platine-palladium(D=1,8) 2 0
palladium (D=2,1) 3 12
contrasté 1 10
platine-palladium (D=1,6) 2 2
palladium (D=1,75) 3 12

médium haut 1 8
platine-palladium (D=1,5) 2 4
palladium (D=1,65) 3 12

médium 1 6
platine-palladium (D=1,4) 2 6
palladium (D=1,55) 3 12

médium bas 1 4
platine-palladium (D=1,3) 2 8
palladium (D=1,45) 3 12

léger 1 2
platine-palladium (D=1,2) 2 10
palladium (D=1,4) 3 12

très léger 1 0
platine-palladium (D=1,1) 2 12
palladium (1,35) 3 12

La solution de sensibilisation est déversée en une ligne au milieu de la feuille de papier. On étend la solution sensible avec des coups de pinceau rapides et légers. Couvrir une surface légèrement plus grande que le négatif. Étendre le mieux possible la solution, sans vouloir obtenir une surface parfaitement uniforme. L’image s’imprime correctement aussi longtemps qu’il y a suffisamment de solution sensible entre les fibres du papier.

Arrêter le peinturage quand la couche sensible semble uniforme et que le papier semble sec en surface. Trop de frottement du pinceau peut causer des stries et même des abrasions locales du papier.
Laver le pinceau après chaque usage sinon, à l’exposition à la lumière, il se forme des sels ferreux, qui risquent de contaminer le tirage suivant.
La sensibilisation peut également se faire à l’aide d’un rouleau en verre ou plexiglas pourvu d’une poignée qui est frotté légèrement sur la surface du papier en étendant la solution sensible; 4 à 5 passages suffisent pour couvrir complètement la surface à sensibiliser.
Le papier au platine-palladium est hygroscopique; il absorbe l’humidité de l’air. Si le papier absorbe trop d’humidité, les hautes lumières deviendront granuleuses et sans relief.
Ne pas surchauffer le papier ; différentes sources préconisent de ne pas dépasser 50°C. Des températures plus élevées peuvent réduire les sels ferriques et occasionner des points noirs dans l’image.
Il est préférable d’utiliser le papier sensibilisé aussitôt sa fabrication. Si, pour une raison donnée, il est indispensable de stocker le papier Pt-Pd avant son emploi, il est recommandé de le sécher à chaud et de le conserver dans un conteneur scellé, avec une capsule de gel de silicate.
La vitesse d’impression des différentes combinaisons de solutions sensibles dépend de la quantité d’agent contrastant qu’elles contiennent.
Un accroissement du chlorate, contenu dans la solution de base N° 2, provoque une diminution de la vitesse d’impression et une augmentation du contraste.
La solution sensible sans agent contrastant requiert ainsi jusqu’à 25% moins d’exposition que la gradation "normale". La solution contenant la quantité maximale de la solution n°2 requiert jusqu’à 75% plus d’exposition que la gradation normale. Encore une raison pour utiliser une goutte d‘un agent contrastant au lieu de la solution n°2.
Selon certains pratiquants, un plus grand contrôle dans les tonalités et le contraste peut être obtenu en appliquant une double couche sensible. Le résultat serait une image plus riche et plus contrastée que celle obtenue avec une seule couche.

L’exposition

On emploie un châssis-presse du type classique, comportant au dos deux plaques à charnières permettant un contrôle visuel de l’impression à l’exposition, sans perdre la concordance parfaite de l’image.


Les solutions à base de sels de fer sont très peu sensibles à la lumière. Leur insolation n’est possible que par contact, à l’aide d’une source, riche en rayons ultra-violets. Celle-ci peut être choisie parmi:
- la lumière du soleil;
- la lampe solaire d’environ 275 w;
- la lampe à vapeur de mercure;
- la lampe à arc de charbon;
- le tube fluorescent à lumière noire;
- le tube fluorescent type "banc solaire.

Ce n’est pas l’intensité de la source lumineuse qui est importante, mais la qualité de radiation ultra-violette qu’elle produit. Il est prudent de ne pas exposer les yeux aux sources riches en UV pendant de longues périodes.
Le procédé Pt-Pd comporte tant de variables, qu’il est malaisé de conseiller des temps d’exposition type, en fonction de la solution de sensibilisation utilisée.
Mieux vaut déterminer le temps d’exposition idéal à l’aide de bouts d’essai pour chaque négatif, ou, de bouts d’essai pour chaque négatif ou, de manière plus scientifique, à l’aide d’un coin densitométrique et un densitomètre.
L’image impressionnée peut être visuellement inspectée pour en juger l’exposition. Pour cela on suivra les instructions suivantes :
- faire attention à la concordance entre le négatif et le tirage ;
- toujours inspecter l’image dans un endroit exempt de radiations UV ;
- les détails des ombres doivent être visibles et les tons moyens à peine visibles ; -les détails des hautes lumières par contre ne doivent pas apparaître sous peine d’une surexposition sévère.

Le développement

Il est important à noter que le traitement humide doit être effectué dans des cuvettes en plastique n’ayant pas servi au traitement argentique.

Le révélateur le plus universellement utilisé depuis l’invention du procédé est à base d’oxalate de potassium, K2C2O4H2O.

L’oxalate de potassium est nocif par contact avec la peau et par inhalation. Il faut le conserver hors de portée des enfants. Il est mortel si ingéré en petite quantité. La formule de base comprend:

- Oxalate de potassium ................................. 500 g
- Eau ............................................................1500 ml

Le révélateur doit être chimiquement neutre, ou légèrement acide. Au besoin, ajouter un peu d’acide oxalique. Trop d’acide peut être la cause d’une réduction incomplète du platine. La solution de développement peut être utilisée à la température ambiante ou chauffée à 32-37°C, ce qui rend son action plus vigoureuse. Au plus haut la température, au plus chaud les tons de l’image.

L’action du révélateur est quasi immédiat. On développe, soit en immergeant rapidement le tirage dans le révélateur, soit en posant celui-ci dans une cuvette vide, et en versant rapidement le révélateur sur le tirage. Le moindre délai dans l’immersion de l’épreuve peut causer des marques.

Il faut développer pendant 2 à 4 min; un développement prolongé n’accroît pas la densité du tirage. Le révélateur reste actif quasi indéfiniment.

Afin d’obtenir des tonalités légèrement plus froides, on peut utiliser des formules au citrate d’ammonium ou de sodium :

- Citrate d’ammonium ........................................ 250 g
- Eau ................................................................. 1000 ml
ou
- Citrate de sodium ........................................... 300 g
- Eau ................................................................. 1000 ml

Développement contrôlé à la glycérine

En 1900, Alfred Stieglitz accompagné de Joseph Keiley faisaient le tour des sociétés photographiques Européens pour faire la démonstration de leur système de développement à la glycérine des tirages au platine. Avec cette méthode il devenait possible de retarder et contrôler le développement traditionnel ultra-rapide à l’oxalate de potassium.

Pour cette technique il est recommandé d’utiliser un support papier assez robuste pouvant subir de multiples manipulations humides. Le papier sensibilisé est exposé généreusement afin de faire sortir tous les détails dans les hautes lumières.

Après l’exposition, l’épreuve est mise sur une plaque de verre, face au-dessus. Il faut choisir une plaque de verre assez lourde et plus grande que le tirage ; elle sera soigneusement nettoyé après chaque développement, sinon l’oxalate pourrait agir à travers le papier sur les tirages suivants. Le tirage doit rester rigoureusement plane ; au besoin on peut étendre sur le verre un peu de glycérine, qui facilitera l’adhérence du papier.

L’épreuve est recouverte entièrement et également de glycérine à l’aide d’un large pinceau. Quatre pinceaux au minimum sont nécessaires :

- un pinceau ayant environ 5cm de large, pour étendre la glycérine ;

- un pinceau rond ordinaire, avec long manche, ayant dans sa plus grande largeur la circonférence d’un crayon, assez dur pour pénétrer dans les creux des papiers rugueux, mais pas au point de griffer la couche de Pt-Pd, genre pinceau pour peindre à l’huile ;

- un pinceau à fine pointe pour travailler les petits détails. Le pinceau pour retoucher les trous convient ;

- un large pinceau plat de 5cm au moins, pour étendre la solution de clarification.

Il faut veiller avec soin qu’il n’y ait pas de poils qui se détachent des pinceaux ; s’il y en a, il y a lieu de les enlever immédiatement, car leur présence sur le tirage causerait une ligne noire indélébile.

On place un papier buvard du même format sur le tirage, et on le presse. Le tirage est ensuite recouvert d’une légère couche de la solution de développement à l’aide des divers pinceaux ; deux solutions sont employées : l’une d’oxalate de potassium pur, l’autre contenant en quantités égales la solution d’oxalate et la glycérine.

Il faut toujours avoir sous la main un certain stock de feuilles de buvard pour enlever la glycérine ou le révélateur superflu. Le buvard sera assez épais et blanc. Il s’agit de ne pas perdre de temps et un retard de quelques secondes peut causer la perte du tirage.

Les feuilles de buvard sont jetées après usage, car elles restent imprégnées des solutions qu’elles ont absorbées. On recouvre alors le tirage de glycérine et on presse une feuille de buvard ; puis on repasse avec le gros pinceau chargé de glycérine pour que celle-ci pénètre bien dans la texture du papier ; on repasse au besoin les parties qui doivent rester blanches.

La solution d’oxalate, diluée avec la glycérine, est alors brossé sur les portions de l’image que l’on veut faire apparaître tout d’abord, et le tirage apparaît ainsi tout doucement et graduellement. La solution plus concentrée est employée là où l’on veut de fortes ombres. Mais avant de passer le pinceau chargé d’oxalate il faut le presser entre les doigts afin d’enlever tout l’excès de liquide qui s’étendrait sinon.

Lorsqu’une partie est suffisamment venue, on passe le buvard et on la recouvre aussitôt de glycérine. Avec le pinceau fin on suit les minces lignes laissant les détails inutiles recouvertes de glycérine.

Lorsque le développement est achevé, on trempe le tirage dans la solution éclaircissante et l’on passe immédiatement toute l’épreuve au large pinceau. Ce passage a pour effet de permettre à l’acide d’agir également sur toutes les portions de l’épreuve et d’empêcher ainsi le révélateur de continuer son action.

L’éclaircissement

Parmi les solutions qui peuvent être utilisées comme agent d’éclaircissement on trouve :
- acide phosphorique ;
- acide citrique, solution à 2% ;
- acide chlorhydrique ; solution éclaircissant historique en solution à 4%.
- EDTA, (en variété disodium et/ou tetrasodium) solution à 4% ;
- les solutions d’adjuvants de lavage utilisées dans les procédés argentiques : Kodak Hypo Clearing Solution, Wash-Aid, sulfite de sodium en solution à 1%, etc.
En somme, toutes les solutions "anti-rouille" sont utilisables.
Quand la formation de l’image au Pt-Pd est complétée par le développement, tout l’oxalate ferrique restant, toujours sensible à la lumière, doit être enlevé du papier.
Généralement, la préférence est donnée à l’usage d’une solution d’EDTA tetrasodium à une concentration de 3 à 4% dans de l’eau distillée. Il est apparu que la solution d’EDTA seule est, dans beaucoup de cas, insuffisante pour un éclaircissement total.
On y ajoute alors du sulfite de sodium à 1% qui constitue, à lui seul, un bain d’adjuvant de lavage dans le procédé argentique.

EDTA tetrasodium ................................ 40 g
Sulfite de sodium .................................. 10 g
Eau ...................................................... 1000 ml

Une méthode d’éclaircissement très efficace consiste à employer comme premier bain éclaircissant une solution d’ EDTA disodium à 5%, suivi d’un bain de sulfite de sodium à 1%, puis d’un bain d’EDTA tetrasodium à 5% jusqu’à éclaircissement complet.

Le premier pas d’éclaircissement est un rinçage à l’eau courante pendant plusieurs minutes afin d’enlever la plus grande partie des sels de fer restants. Ensuite on transfère le tirage dans le premier bain d’acide pendant 4 à 5 min sous agitation intermittente. Entre les différents bain d’éclaircissement, il y a lieu de rincer à l’eau courante. On répète les opérations dans les deux bains d’éclaircissement suivants.
La solution acide du premier bain devient assez vite jaunâtre à cause de l’oxalate ferrique qui est enlevé du papier. On écarte alors ce bain et on le remplace par le deuxième bain et on mélange une nouvelle solution pour le bain d’éclaircissement final. Ce dernier sera, à tout moment, d’apparence limpide.
L’éclaircissement est une étape importante du procédé Pt-Pd. Un éclaircissement insuffisant peut être la cause d’un noircissement ou d’un jaunissement du tirage dans le temps. Un séjour prolongé dans un bain acide saturé avec des sels de fer occasionne des taches.
Un bord blanc autour de l’image permet un contrôle visuel de l’efficacité de l’éclaircissement.

Le lavage

Le lavage final de l’épreuve au Pt-Pd doit être bien soigné afin d’enlever les contaminateurs résiduels du bain d’éclaircissement qui contribuent à la détérioration de la structure cellulosique du papier.
Il est préconisé de rincer le tirage dans une cuvette remplie d’eau de ville pendant environ 1 min et de complètement vider la cuvette. On répète cette opération quelques fois avant de laver le tirage dans une laveuse d’archivage pendant minimum 30 min.

Il est utile d’avoir une idée de la contenance en métaux lourds de l’eau de distribution utilisée. Ces derniers peuvent contaminer l’image et causer des taches. Afin d’éviter ce danger, on peut utiliser un bain d’eau distillée en dernier lieu.

Le séchage

Le séchage du tirage Pt-Pd se fait à l’air. Pour la plupart des papiers on obtient une épreuve parfaitement plate après séchage.
Dans le cas contraire on peut l’aplatir dans une presse chauffante réglée à 80°C, ou à froid entre des buvards neutres secs.

 

LE PROCÉDÉ Pt-Pd PRÉSENSIBILISÉ

Un passé relativement récent a vu l’apparition d’un procédé Pt-Pd présensibilisé, fabriqué par la firme américaine « The Palladio Company », qui a connu un certain succès de 1988 à 1997. Le papier Palladio VelvetTM était livré en pochettes de 10 feuilles, contenant également des bouts d’essai et en rouleaux de différents formats.

à saisir: pochettes Palladio (intactes) de 1996: 10 feuilles 5x6inch

49,00 € hors taxes


Afin d’accroître sa durée de stockage, le papier est fourni à l’état très sec, avec adjonction d’un dessiccatif dans chaque emballage. Dans cet état le papier est plus ou moins inerte, même à la lumière, et a besoin d’absorber un peu d’humidité avant l’exposition, afin de développer sa densité maximale. Ceci se fait en passant la feuille à imprimer, avec un mouvement de va-et-vient, au dessus de la vapeur d’eau pendant 50 à 100 secondes.
Après humidification on laisse reposer la feuille pendant environ 5 min afin d’égaliser le taux d’humidité dans toute la feuille.

L’exposition

Avant son exposition le papier Palladio a une couleur jaune-orange. Sous une batterie de tubes fluorescent du type "banc solaire", le papier, placé à une distance de 10 à 15 cm, requiert une exposition entre 3 et 12 min, selon l’étendue de densité du négatif et la température du bain de développement.

Le développement

Il existait deux révélateurs de la marque Palladio: le révélateur "standard" qui donne une image à tons noirs chauds et le révélateur "cold tone" qui produit des images légèrement plus froides et contrastées; un additif "tons bruns" rend le papier plus doux. Il est à noter que l'on peut utiliser acev succès le révélateur à l'oxatalte de potassium utilisé dans le procédé à développement.
Le développement s’effectue sans agitation aucune pendant 4 minutes. Il n’est pas possible de contrôler le contraste par le temps de traitement. Un contrôle de contraste peut être réalisé par l’adjonction d’une quantité de peroxyde d’hydrogène, ou eau oxygénée dans le révélateur. 1% de peroxyde correspond à une gradation; on peut ajouter 3% ou plus pour obtenir des contrastes très marqués.

L’éclaircissement

Après drainage du révélateur le tirage est rincé pendant 1 à 2 min dans de l’eau distillée. Le bain d’éclaircissement est à base d’EDTA et requiert 2 à 3 traitements de 4 à 5 min chacun, comme expliqué précédemment. L’agitation la plus efficace consiste en soulevant le tirage par un coin en le laissant s’égoutter.
On agite le tirage en continu pendant 1 min et, ensuite, une à deux fois par minute. Cette méthode d’agitation est beaucoup plus efficace qu’un simple mouvement de va-et-vient dans le bain ;
Le lavage final et le séchage se font comme expliqué pour la sensibilisation manuelle .